Alors voilà.
Je me suis réveillé samedi à midi et j'étais à Montréal. du coup il n'était pas midi mais six heures du matin. dans la maison endormie, quelques préparatifs et vers huit heures, je sors. La bonne doudounne, les gants de ski et le bonnet ne sont pas de trop, c'est peu de le dire. la veille en fin de journée une pluie battante s'est déversée sur la ville et s'est transformée instantanément en glace. le sol est pourtant tout a fait praticable et la température positive ce matin.
je marche.



je prends la rue Ste Catherine depuis Aylwin direction le centre ville. deux heures et demi de marche me mènent à Peel sans que la rue change de nom. tout est grand. je passe sous l'immense pont Jacques Cartier. je déboule dans le centre financier et commercial de la ville.



Les bâtiments se cotoient dans un mélange hétéroclite de couleurs, de formes et de matières. Il en résulte une sorte d'harmonie contrastée. les rues sont larges le traffic est calme, les gens détendus. un centre commercial, très semblable aux nôtres. L'influence américaine est omniprésente mais n'a pas tout remporté. on se croirait quand même en Europe. Plusieurs fois au cours de cette première journée, je me répète avec insistance que je suis bel et bien sur un autre continent, car il s'agit pour l'instant d'une vue de l'esprit. Une certitude acquise par la connaissance, non par l'expérience.

je fais le touriste. je demande un peu mon chemin, et le trouve sans peine. depuis le quartier du plateau, je prends un bus qui gravit la montagne ( il ne faut pas dire colline, ils se vexent) autour de laquelle la ville a poussé. le Mont Royal.
un parc immense. deux bonnes heures de marche seraient nécessaires pour le traverser entièrement. la vue est dégagée jusqu'au Saint-Laurent et au delà.






la tempête de glace a créé des oeuvres d'art avec les branches des arbres et toutes les formes qu'elle a touché. la neige tente une timide apparition.





Retour dans le quartier du plateau. je cause avec le chauffeur du bus. les gens sont sympas, détendus, acceuillants et souriants.
je redescends vers le downtown par la rue Saint Denis sous une averse de neige. le quartier est très chouette. pleins de couleurs. et partout ces belles maisons basses aux escaliers extérieurs. A Hochelaga, elles ressemblent un peu à celles d'Amsterdam. décidément je fais le touriste à fond. je rentre dans un resto de frites et je m'envoie, devinez quoi... mais oui!!! une bonne poutine bien chaude!!! des frites, une sauce à la viande qui me fait un instant penser à un bourguigon ( pas longtemps), et plein de petits bouts d'un fromage qui fait shlouik shlouik quand on mord dedans. un cauchemar de nutritionniste. et chose étonnante: c'est bon. en ressortant, je n'ai ni froid, ni faim et ca va durer un moment!
après cette expérience gastronomique, direction un supermarché dans la ville souterraine. il y a des gens qui se balladent sans veste. les galleries communiquent avec les immeubles et le métro. il fait chaud. si on prévoit d'y rester plus de dix minutes, autant tout enlever pour tout remettre avant de sortir.
en passant à la caisse, j'ai vécu une expérience nouvelle.
troublé par l'intervention inattendue d'un gars du magasin qui m'a aidé à mettre mes courses dans des sacs, fatigué par le voyage et la journée de marche, immergé dans un environnement nouveau ou tout le monde parle soit anglais avec un fort accent américain, soit français avec un fort accent québequois ( bon c'est normal, on est en plein Québec, hein), concentré sur la recherche de mon portefeuille, je me suis entendu répéter involontairement la somme que m'annoncait la caissière exactement comme elle.
"vèïïntkat cinkaaantsès" au lieu de 24,56.
eh ben ca fait un drôle d'effet....
retour à la maison. sieste.
et là, la bande de collocs est passée nous prendre pour aller voir Terrie, la proprio, qui combattait sous les couleurs de son académie de... boxe thai. première fois que je voyais des matches de boxe en vrai. bon. inutile de dire que je ne m'y vois pas un seul instant. à leur place, je fuirais immédiatement, la couardise ne te mettant pas des coups de genous dans la machoire, elle. mais bon, si on exclut de soi toute forme de pitié, après tout ils l'ont bien cherché, c'est quand meme sympa à voir. après les matches, direction un pub à billards ou on a bu des budwieser ( pas des bières hein, des Budweiser ) jusqu'à trois heures du matin. la soirée a été chouette, j'ai rencontré une dizaine de personnes, surtout des francais arrivés bien avant moi. je suis le vieux de la bande.
le tour des écoles de pilotage commence demain. un peu de sérieux quand même.